Un PEPR adossé aux stratégies nationales d’accélération
Le programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) “Digitalisation et Décarbonation des Mobilités” souhaite mobiliser la communauté de recherche nationale et les acteurs de l'écosystème du transport pour comprendre et anticiper les mobilités des biens et des personnes, aider à collecter, structurer et interpréter les données de mobilités, offrir des outils d'aide à la décision pour simuler à l'avance l'impact de politiques publiques ou évaluer la pertinence d'une nouvelle offre de transport.
Ce PEPR comprend trois projets ciblés, nommés respectivement FORBAC, MiDMoB et Mob Sci-Dat Factory, qui visent des objectifs complémentaires sur les données de mobilités, les besoins de mobilité et les déterminants dans les choix de mobilité, et enfin les outils permettant de prévoir, évaluer et éclairer les décisions à prendre en termes d’offre, d’infrastructures, d’incitation ou de règlementation.
Le projet ciblé MiDMoB s’intéresse au développement d’une mobilité des biens et des personnes visant à réduire son impact énergétique et écologique. Celle-ci passe par une multiplicité d’actions, techniques, politiques, privées, et publiques. La connaissance des comportements des personnes et des entreprises et leurs répercussions sur les systèmes de transport est toutefois très incomplète.
Ce projet a donc trois objectifs :
- L’étude et la compréhension des usages et des comportements de mobilité – réels ou souhaités – impliqués dans la transition énergétique ;
- L’analyse et la mesure des facteurs économiques, environnementaux, individuels et sociaux en lien avec ces usages et comportements ;
- L’identification des barrières et des leviers potentiels et l’élaboration de solutions adaptées aux trajectoires les plus souhaitables.
Ces questions se heurtent aujourd’hui à des verrous importants. Premièrement, la connaissance des pratiques et des comportements est limitée par la nature et la qualité des données disponibles, pour le transport de voyageur comme pour le transport de marchandises.
Deuxièmement, ces données alimentent une vision de l’action publique limitée aux outils réglementaires, fiscaux ou d’investissement classiques ; le cadre d’analyse des pratiques et des comportements en est limité par construction (notamment dans les spécifications des modèles utilisés).
Troisièmement, les domaines disciplinaires classiquement mobilisés pour ces analyses (économie, socio-économie, sociologie, etc.) ont également des limites. Pour lever ces verrous, les apports du projet sont les suivantes : croisement disciplinaire (psychologie, économie, sciences de gestion) et méthodologiques, combinant approches expérimentales immersives (psychologie cognitive, économie expérimentale) et enquêtes qualitatives et quantitatives (études de filières, enquêtes chargeurs). Au-delà des objectifs généraux et transversaux ci-dessus, ces protocoles visent à identifier finement les comportements des individus et des entreprises, et leurs interactions de diverses natures (interactions physiques dans les déplacements, interactions stratégiques dans les décisions et la coordination, interactions politiques dans les décisions publiques, leurs impacts et leur acceptabilité) et à partager ces données et connaissances largement dans la communauté.
Le projet se décompose en trois lots principaux. L’équipe du CRET-LOG est impliquée dans le WP 3.
L’objectif principal du troisième lot (WP3) est d’actualiser la connaissance du transport de marchandise en France et son lien avec la structure des chaînes logistiques et des supply chains. Le lot combine une enquête « chargeurs » conduite par le laboratoire SPLOTT (Université Gustave Eiffel) et, réalisées par l’équipe du CRET-LOG, des études de filières considérées comme stratégiques au niveau de l’État.
L’objectif est d’identifier les déterminants des choix de la demande, les ressources mises en œuvre par l’offre, les impacts générés par le transport, et les enjeux de vulnérabilité et de résilience des chaînes logistiques, et des groupes et sociétés qui en dépendent.
L’étude des filières consiste en une exploration approfondie de leur structure et de leur dynamique au regard des jeux d’acteurs. Au-delà de leur analyse stratégique (marché, ressources, contraintes, etc.), l’enjeu, dans une perspective prospective, est d’envisager leur transformation potentielle et, liée, celle de la demande en transport en appréciant aussi la pertinence (économique, environnementale et sociale) et donc, l’acceptabilité sociale de nouvelles offres et innovations technologiques et organisationnelles.
Cette démarche de « déconstruction créatrice » (Camman et Livolsi, 2016) dont la formalisation a une visée scientifique (apport théorique et méthodologique du projet) a une finalité performative :
- Pour les décideurs publics et privés dans la conception de nouvelles offres organisations transport socialement acceptables en identifiant non seulement leur « contenu », mais aussi les leviers de leur déploiement,
- Pour les chercheurs en produisant des données (connaissance approfondie de la dynamique de ces filières) susceptibles d’être mobilisées dans la conduite d’autres travaux sur le développement de mobilités durables des marchandises.
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