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Évaluation du risque d'émergence de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo dans le sud de la France
Porté par
Université de Corse, UR Bioscope
Durée du projet
2024-2029
Budget total
5,6M€
Subvention France 2030
3M€
Partenaires du projet
Universités d'Aix-Marseille, Université Paris Nanterre, Universitad Autonoma de Barcelona, ANSES, CIRAD, CNRS, INRAE, INSERM, Tour du Valat

Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) est transmis par les tiques et provoque une maladie grave chez l’humain. Présent en Afrique, en Asie et en Europe de l’Est, il a récemment attiré l’attention en Europe après des cas mortels en Espagne, révélant une circulation silencieuse du virus.

En France, la présence des tiques vectrices (Hyalomma marginatum et H. lusitanicum) et la détection d’anticorps chez des animaux domestiques dans le sud et en Corse suggèrent une possible circulation du virus sans cas humains déclarés. Le projet ARCHE vise à étudier cette situation dès les premiers stades d’endémisation afin de comprendre les mécanismes d’émergence et de prévenir les infections humaines. En adoptant une approche « One Health » multidisciplinaire, il cherche à identifier les facteurs de risque, améliorer la détection du virus, modéliser sa transmission et développer des actions préventives collaboratives dans les zones à risque du sud de la France.

ARCHE est financé dans le cadre de la stratégie France 2030. Le projet bénéficie d'une aide de l'État gérée par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) sous la référence PEPR PREZODE ANR.

Objectifs

Les objectifs du projet ARCHE portent sur la compréhension et la prévention de l’émergence du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHFV) en France. Ils se déclinent en plusieurs axes complémentaires :

  • Identifier les facteurs d’émergence et de transmission → Étudier les déterminants écologiques, climatiques, comportementaux et sociaux qui favorisent la présence et la propagation du virus entre tiques, animaux et humains.
  • Améliorer la détection et la surveillance du virus → Développer et affiner les outils diagnostiques pour mieux repérer la circulation du CCHFV et d’autres virus apparentés (orthonairovirus) chez les tiques, les animaux et potentiellement chez l’humain.
  • Modéliser la dynamique de transmission → Concevoir des modèles prédictifs pour comprendre comment le virus se propage dans les écosystèmes et évaluer les risques d’apparition de cas humains selon les contextes locaux.
  • Mettre en place des actions préventives et participatives

    → Co-construire avec les acteurs locaux (éleveurs, citoyens, professionnels de santé, autorités) des stratégies de prévention et de gestion du risque basées sur les résultats scientifiques.

  • Adopter une approche intégrée “One Health”

    → Favoriser la collaboration entre disciplines (virologie, médecine, écologie, sociologie, épidémiologie, acarologie, ornithologie, etc.) pour aborder le problème à l’interface entre santé humaine, animale et environnementale.

Impacts

Les conséquences dévastatrices récentes de la pandémie de COVID-19 ont mis en évidence la nécessité de développer une approche « One Health », afin de comprendre et de gérer les dynamiques écologiques, socio-culturelles et économiques influençant la santé à l’interface entre l’humain, l’animal et l’environnement. L’émergence de nouveaux agents pathogènes zoonotiques doit être anticipée, détectée rapidement et évaluée en termes de risques pour la santé publique et animale. Cela repose, entre autres, sur une meilleure compréhension des facteurs écologiques, épidémiologiques et socio-économiques qui sous-tendent les processus d’endémisation et d’émergence dans les populations humaines.

Bien que chaque émergence dépende d’un socio-écosystème local spécifique, le projet ARCHE se distingue par une approche innovante, globale et opérationnelle visant à caractériser les socio-écosystèmes, modéliser les processus épidémiologiques, évaluer les scénarios probables et élaborer des stratégies de gestion des risques d’émergence. Conformément aux recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) formulées après la crise du COVID-19, l’approche adoptée par ARCHE cherche à fournir des informations prospectives aux décideurs en santé publique, en médecine humaine et vétérinaire, ainsi qu’en environnement. Elle offrira également des outils de communication adaptés, tant sur le fond que sur la forme, afin de prévenir ou de réduire les impacts liés à l’émergence de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF).

Allessandra FALCHI
Directrice adjointe de l'UVE