L'équipe du projet DREAM-U vous invite à assister aux deux prochains séminaires de recherche qui se tiendront mercredi 30 septembre 2026 de 14h à 16h. Une doctorante et un doctorant du projet y présenteront leurs travaux et ouvriront la discussion sur les usages possibles de leurs résultats : ce qu'ils peuvent apporter aux dispositifs, aux formations et aux pratiques d'enseignement à Aix Marseille Université.
Programme et résumés des interventions :
14h - 15h : Adrien POPOVITCH (Doctorant DREAM-U | Laboratoire ADEF)
« Ce que l'université enseigne de la pensée critique et ce qu'elle laisse en friche : une enquête par les méthodes mixtes ».
La pensée critique figure parmi les finalités les plus consensuelles de l'enseignement supérieur, et l'une des moins définies. Cette recherche part de ce paradoxe pour poser trois questions : que désigne-t-on concrètement lorsqu'on dit enseigner la pensée critique à l'université ? Comment ces enseignements s'organisent-ils en pratique ? Qu'en reçoivent effectivement les étudiants ?
Après une revue systématique de la littérature scientifique ayant permis de dégager six grands axes constitutifs d'un processus de pensée critique (problématiser, enquêter, dialoguer, évaluer, raisonner, agir politiquement) nous avons mobilisé la théorie anthropologique du didactique pour les assembler dans un modèle constitué de tâches, de techniques et de justifications situées dans des institutions.
Afin d'examiner la proximité de ce modèle avec les pratiques et les discours effectifs au sein de notre terrain à Aix-Marseille Université, nous avons mobilisé un dispositif empirique, conçu selon les méthodes mixtes, qui articule 44 entretiens semi-directifs (vice-présidents d'université, enseignants-chercheurs, ingénieurs pédagogiques), 97 heures d'observations directes de formations à la pensée critique, de la licence à l'université du temps libre, et un volet quasi-expérimental auprès de 327 étudiants de licence ayant complété un questionnaire et le test standardisé Ennis-Weir Critical Thinking Essay.
La confrontation des trois volets fait apparaître un diagnostic convergent : l'institution transmet volontiers les moitiés peu coûteuses des pratiques critiques (clarifier, évaluer un contenu, réfléchir) et délaisse leurs moitiés coûteuses (réfuter, remonter aux sources, expérimenter, agir). Les techniques correspondantes existent chez quelques formateurs spécialisés, mais sans les justifications théoriques ni les conditions institutionnelles qui permettraient leur diffusion.
La communication présentera ce cadre d'analyse, les principaux résultats et les questions qu'ils ouvrent pour l'ingénierie de formation.
15h-16h : Virginia OLIVEIRA (Doctorante DREAM-U | Laboratoire LPL)
« Le tutorat entre pairs : un levier de réussite et d’autonomie des étudiants de licence ».
Cette recherche s’intéresse au rôle du tutorat entre pairs dans la réussite personnelle et universitaire des étudiants en licence. Elle vise à comprendre dans quelle mesure cet accompagnement contribue au développement de l’autonomie, à l’acquisition de méthodes de travail et à la progression académique des étudiants.
Ce séminaire a pour objectif de présenter les principaux résultats d’une recherche consacrée au tutorat entre pairs dans l’enseignement supérieur. Il examine à la fois ses effets sur la réussite personnelle et académique des étudiants.
Les résultats montrent que le tutorat ne se réduit pas à un soutien ponctuel face aux difficultés universitaires. Il constitue également un espace d’accompagnement permettant aux étudiants de mieux comprendre les attentes de l’université, de développer des stratégies d’apprentissage et de construire progressivement leur autonomie. Les interactions entre pairs favorisent notamment l’acquisition de pratiques liées à la prise de notes, à l’organisation et à la planification du travail, à l’auto-évaluation et à la recherche d’aide.
Toutefois, les effets du tutorat ne sont ni automatiques ni homogènes. Ils varient notamment selon le degré d’engagement des étudiants, la continuité et la qualité du suivi, ainsi que selon la posture, la formation et l’implication des tuteurs et les modalités d’organisation du dispositif.
Cette recherche met ainsi en évidence le potentiel du tutorat entre pairs comme levier d’intégration, de réussite et d’autonomisation des étudiants dans l’enseignement supérieur. Elle souligne également l’importance de concevoir des dispositifs structurés, continus et adaptés aux besoins et aux caractéristiques des étudiants accompagnés.